Vous croyez tout connaître de Louis XIV ? Détrompez-vous ! Plongez dans les anecdotes qui dévoilent l’homme derrière la couronne et laissez vous surprendre par des révélations pour le moins insolites.
À 38 ans, Louis XIV souffrait d’une bouche en très mauvais état. Ses dents étaient presque toutes pourries et ses gencives infectées, si bien qu’on dut lui arracher la quasi-totalité des dents de la mâchoire supérieure… sans anesthésie. Le résultat ? Une mâchoire abîmée et un trou béant qui reliait sa bouche à ses sinus, conséquence des méthodes dentaires du XVIIᵉ siècle, plus proches de la boucherie que de la médecine. Suite à cet incident, lorsque le roi buvait, les liquides jaillissaient par ses narines. Tout le monde à Versailles parlait des “Fontaines du roi”. Parfois même ce sont des aliments solides comme un morceau de caille qui ressortent par le nez. Durant presque 10 ans, Louis 14 doit s’en accommoder mais avec le temps, ce problème buccal commence à s’aggraver : les infections se multiplient et l’odeur qui se dégage de sa bouche est insoutenable. Les médecins décident finalement de l’opérer pour refermer ce trou et pour cela ils ont recours à la cautérisation, une technique qui consistait à brûler les tissus pour refermer la plaie. Méthode douloureuse mais efficace pour l’époque. L’opération est un succès et le roi peut à nouveau manger normalement !
Louis XIV avait une phobie des rats. Lors d’une visite à Versailles, il fit évacuer une aile entière du château juste parce qu’on avait aperçu un rongeur. Louis XIV éprouvait une répulsion profonde pour les rats, une peur loin d’être irrationnelle à une époque où ces animaux étaient omniprésents et associés à la saleté, aux maladies et à la mort. Dans les palais du XVIIᵉ siècle, même à Versailles, les rats circulaient librement dans les couloirs, les cuisines et parfois jusque dans les appartements royaux.
Pour le Roi Soleil, déjà anxieux de nature et très inquiet pour sa santé, la présence de ces rongeurs représentait une menace constante. Les rats étaient alors soupçonnés de transmettre des maladies graves, ce qui renforçait son dégoût et sa crainte. Plusieurs témoignages rapportent qu’il exigeait que ses appartements soient nettoyés avec une attention extrême, et que l’on fasse appel à des valets spécialement chargés d’éliminer toute trace de rongeurs.
Louis XIV utilisait ce qu’on appelait une chaise percée : un fauteuil élégant dissimulant un trou, sous lequel était placé un récipient. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette chaise n’était pas toujours installé dans un coin isolé. Le roi pouvait s’y installer dans sa chambre, voire pendant une audience, tandis que courtisans ou ministres continuaient à lui parler affaires. Certains témoignages racontent que des décisions importantes furent prises pendant ces moments peu glorieux.
Assister le roi dans ces instants était même considéré comme un honneur. Être autorisé à rester pendant qu’il faisait ses besoins signifiait que l’on faisait partie de son cercle proche. À Versailles, la proximité physique avec le roi était une marque de pouvoir et de faveur.
Ce cérémonial s’inscrivait dans une logique bien précise : le corps du roi était sacré, et tout ce qu’il faisait participait à la mise en scène de son autorité.
Louis XIV avait une peur marquée du noir et de la solitude, particulièrement la nuit. Il redoutait de dormir seul et exigeait presque toujours une présence humaine dans sa chambre : valets, médecins ou courtisans autorisés restaient à proximité pendant son sommeil.
Cette angoisse nocturne s’explique en partie par son enfance troublée. Les nuits de fuite durant la Fronde auraient durablement marqué le jeune roi. À l’âge adulte, le silence et l’obscurité ravivaient ces peurs enfouies. Même à Versailles, dans l’un des palais les plus sécurisés d’Europe, Louis XIV préférait garder des lumières allumées et sentir une présence rassurante autour de lui. Cette habitude montre que derrière l’apparente assurance du Roi Soleil se cachait un homme inquiet...
Louis XIV souffrait d’une fistule anale. Il s’agit d’une petite ouverture ou un tunnel anormal qui relie la fin de l’intestin à la peau autour de l’anus. Elle est souvent le résultat d’un abcès infectieux et provoque d’horribles douleurs, des écoulements et des inflammations récurrentes. Pour Louis XIV, cette fistule est particulièrement gênante et douloureuse. Elle fut finalement traitée grâce à une chirurgie minutieuse, combinant incisions et cautérisation. L’intervention, réalisée par le chirurgien Félix, dura plusieurs minutes pendant lesquelles le roi, selon les témoins, « ne poussa qu’un seul cri étouffé ». Bien que l’opération fût douloureuse et risquée, elle permit à Louis XIV de retrouver un certain confort et de poursuivre ses activités royales. À l’époque, cette intervention fut considérée comme un exploit médical.
Avant d’être le monarque sévère et austère des dernières années de son règne, Louis XIV fut un danseur passionné. À quinze ans, il incarna le Soleil levant dans le Ballet de la Nuit (1653), spectacle de douze heures qui scella son surnom de « Roi-Soleil ». Il dansa dans plus de quarante ballets de cour entre 1648 et 1670, créant même en 1661 l’Académie Royale de Danse pour codifier cet art. Mais cette passion eut un prix : les chaussures à talons hauts qu’il affectionnait — parfois jusqu’à 10 cm pour compenser sa taille modeste (1,63 m) — lui valurent des douleurs aux pieds persistantes qui l’obligèrent à arrêter la danse vers quarante ans.